Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 19:46

... la femme est l'avenir de l'homme. Le problème c'est que l'homme s'était auparavant chargé d'écrire l'histoire de la femme, et la tâche avait du être confiée à un sacré sagouin misogyne, parce que si j'en crois les textes que je lis, mis à part faire des gosses et s'occuper de la maison on est pas bonnes à grand chose !  Heureusement que les temps ont changé parce que des bébés j'en veux pas, et je suis vraiment pas une fée du logis !

En 1787, déjà, Condorcet évoquait la possibilité que l'on puisse être l'égal des phallocrates en ces termes: "Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères, merci pour la paraphrase particulièrement explicite sur les attributions du sexe féminin, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers et qui s’enrhument aisément ? " Les femmes sont alors comparées à des souffreteuses et réduites au syndrome menstruel et à l'enfantement, charmant résumé.

 Comment m'est venue l'idée de râler m'exprimer sur ce sujet ? Mon sujet de mémoire de master 2 porte sur des artistes féminines oeuvrant au XIXe siècle. Les femmes artistes sont souvent cantonnées à des tâches mineures, comme de charmantes représentation de fleurs et de papillons, des petits chats, de jolies robes de soirée et autres futilités parfaitement inutiles et inintéressantes en histoire de l'art. Seulement voilà, ça c'est ce qu'on nous dit, la réalité c'est qu'on ne les laissait pas faire autre chose, et que si elles osaient "sortir des usages qui conviennent à leur sexe" on les considéraient comme hystériques, joli mot de psychanaliste formé sur le nom hystera : l'uterus, comme si les hommes, eux, n'étaient jamais hystériques ! , et elles finissaient souvent à l'asile ou reclues au couvent après avoir été répudiées de la société comme des malpropres !

 

en fouillant dans les archives j'ai trouvé ceci :

 

Les Soussignés ;  

Étant donné que l’élément féminin tend tous les jours à envahir de plus en plus la salle de lecture de la bibliothèque ;

Étant donné que par suite de la prédominance dudit élément féminin, des travailleurs sérieux se voient, faute de place, interdire l’accès de la bibliothèque ;  

Étant donné que lesdites femmes par leur bavardage intempestif rendent à leurs voisins tout travail sérieux absolument impossible ;  

Pour ces motifs ;  

Demandent à monsieur le Conservateur d’interdire aux étudiantes du sexe féminin l’accès de la bibliothèque.

 

Fait à Paris, le 15 décembre 1906.  

(Bibliothèque de la Sorbonne, archives modernes, registre 332, folio 228)

 

je tairais le nom des ignobles goujats qui ont écrit cette pétition.

Les archives c'est un peu comme wikipédia, on y va pour une information et on se retrouve à lire l'article sur la révolution chinoise ou l'invention des chaussettes...

 

Sur ce, je retourne à mes pamphlets misogynes pour tenter de comprendre le contexte historique d'épanouissement de mes artistes florales !

chouette, des fleurs et des papillons!  

j'suis bien une fille quand même...   -mpl.jpg

Par verliebt in berlin - Publié dans : billet d'humeur
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